Les levées de fonds tech de juin 2025

La French Tech continue de lever des fonds en juin 2025

Juin 2025 s’annonce comme un mois dynamique pour l’écosystème technologique français. Malgré un contexte macroéconomique encore incertain en Europe, les startups hexagonales continuent d’attirer des capitaux importants, aussi bien auprès d’investisseurs tricolores que de fonds internationaux. Ce regain d’activité témoigne d’une confiance renouvelée dans la capacité d’innovation de la France, notamment dans les secteurs de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et des technologies vertes. Tour d’horizon des levées de fonds les plus marquantes de ce début juin 2025.

Mistral AI : encore une étape dans sa montée en puissance

Impossible de parler de levées de fonds dans la tech française sans mentionner Mistral AI. La pépite parisienne fondée en 2023 par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix reste l’une des locomotives de l’IA européenne. Au printemps 2025, la société avait déjà consolidé sa position avec des partenariats stratégiques et des contrats gouvernementaux en Europe. En juin 2025, Mistral confirme des discussions avancées avec de nouveaux investisseurs institutionnels dans le cadre d’un tour de table qui porterait sa valorisation au-delà des six milliards d’euros. Si l’annonce officielle n’est pas encore finalisée au moment de la rédaction de cet article, les signaux sont particulièrement encourageants. L’entreprise continue de développer ses modèles de langage ouverts et entend renforcer son infrastructure de calcul en France, en lien avec les ambitions souveraines portées par le plan gouvernemental sur l’IA.

Poolside et d’autres acteurs de l’IA générative française attirent les regards

Au-delà de Mistral, d’autres sociétés françaises spécialisées dans l’IA générative et les outils pour développeurs suscitent l’intérêt des investisseurs. Poolside, startup franco-américaine spécialisée dans la génération de code par IA, continue de croître rapidement et d’alimenter les discussions autour d’une levée complémentaire en 2025. Dans un secteur où GitHub Copilot et les outils d’OpenAI dominent encore, les alternatives européennes cherchent à se différencier sur des critères de confidentialité des données, de conformité RGPD et de souveraineté numérique — des arguments qui résonnent particulièrement bien auprès des grandes entreprises françaises et des administrations publiques. Les investisseurs, eux, voient dans ces positionnements une niche à fort potentiel, surtout dans un contexte réglementaire européen de plus en plus structurant avec l’AI Act.

Les secteurs qui cartonnent : santé, énergie et cybersécurité

Si l’IA concentre une bonne partie de l’attention médiatique, juin 2025 voit également des levées de fonds significatives dans d’autres domaines. La healthtech française reste particulièrement active : plusieurs startups spécialisées dans le diagnostic médical assisté par IA, ou dans la gestion des données de santé, ont bouclé des tours de table entre cinq et trente millions d’euros ce mois-ci. La cybersécurité, portée par une demande toujours croissante des entreprises face à la recrudescence des cyberattaques, attire elle aussi des capitaux conséquents. Des acteurs comme Tehtris ou des startups plus récentes dans la détection des menaces par apprentissage automatique continuent de séduire les fonds spécialisés. Enfin, les technologies liées à la transition énergétique — optimisation de réseaux électriques, stockage d’énergie intelligent — bénéficient des plans d’investissement européens et de l’intérêt croissant des grands groupes industriels français pour l’innovation externe.

Le rôle clé de Bpifrance et des fonds publics dans l’amorçage

Dans cet écosystème, Bpifrance joue toujours un rôle de catalyseur essentiel. La banque publique d’investissement co-investit régulièrement aux côtés de fonds privés pour permettre à des startups françaises de franchir les premières étapes de leur développement sans devoir se tourner immédiatement vers des investisseurs étrangers. En juin 2025, plusieurs annonces impliquant Bpifrance ont été faites dans le cadre du plan France 2030, qui alloue des enveloppes spécifiques aux technologies d’avenir dont l’IA figure en bonne place. Cette implication publique est souvent décisive pour des startups en phase d’amorçage ou de série A, qui peinent encore à convaincre des fonds purement privés sans disposer de premiers revenus solides. Le modèle français, qui combine investissement public et privé, reste une spécificité appréciée, même si certains observateurs pointent parfois la lenteur des processus administratifs associés.

Vers un second semestre 2025 encore plus actif ?

Les signaux envoyés par les levées de fonds de juin 2025 sont globalement positifs pour la suite de l’année. Les grands rendez-vous comme VivaTech, qui s’est tenu fin mai à Paris, ont permis de consolider des relations entre startups et investisseurs internationaux, et les retombées se font sentir en termes de lettres d’intention et de négociations en cours. La France bénéficie d’une image renforcée sur la scène mondiale de l’IA, portée notamment par l’organisation du Sommet pour l’action sur l’IA en février 2025 à Paris, qui avait réuni dirigeants mondiaux et acteurs de la tech. Si les taux d’intérêt restent un facteur contraignant pour certaines catégories d’investisseurs, le capital-risque dédié à la tech profonde et à l’IA semble avoir trouvé un nouveau souffle. Les prochains mois diront si cet élan se confirme, mais l’heure est clairement à l’optimisme mesuré pour la French Tech.